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Cassetrogne
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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 12:57 (2013)    Sujet du message: Les enseignants Répondre en citant

Les Corporations de maîtres d'école
Donc, en 1570, les maîtres d'école de Paris se constituèrent en corporation. Aux termes des statuts qui leur furent accordés, il fallait pour y entrer être de bonne vie et mœurs, faire profession de la religion catholique et habiter Paris depuis 3 ans au moins. En outre nul ne pouvait « tenir eschole publique d'écriture pour enseigner les enfants tant à l'écriture que au get et calcul! » avant d'avoir été examiné par quatre des maîtres sur la manière d'écrire, sur l'orthographe et sur «l'art de jetter (1) et compter ».
Les maîtres étaient aussi reconnus experts près des tribunaux.
Parmi les «maistres écrivains tenant écoles d'écriture», certains furent célèbres au 16e siècle. Citons : Geoffroy Tory dit « le maître du pot cassé», surnom qu'il dut à son enseigne. Il tenta de réformer l'orthographe dans son « Champ fleury » de 1529 et fut à l'origine de l'apostrophe, des accents, de la cédille, inconnus de son temps. Il écrivait : « En notre langue navons point daccent figure en escripture et ce pour le default que nostre langue nest encore ordonnée a certaines reigles. C devant O aucunesfois est solide, comme en disant coquin, coq ; aucunesfois est exile comme en disant garçon, maçon...».
Jacques de la Rue dédia au duc d'Anjou, en 1565, un recueil de modèles qu'il avait tracé et gravé.
Pierre Hamon « étoit le plus renommé de France, par la perfection qu'il avoit d'écrire en toutes sortes, de caractères, même les plus difficiles ».
Jean de Beauchêne était l'auteur d'une méthode d'écriture publiée en 1580.
Jean de Beaugrand, qui fut choisi pour enseigner l'écriture à Louis XIII, cadelait avec une merveilleuse facilité. On nommait « cadeaux » les encadrements., les grandes lettres initiales formées d'enlacements, d'enroulements, de lacets, de figures tracées à la volée.
Les premiers statuts des maîtres-écrivains furent souvent confirmés ou renouvelés au cours du 16e siècle et de la première moitié du 17 siècle. La corporation était alors en pleine prospérité. Ses armoiries portent « d'azur, à une main de carnation posée en fasce, tenant une plume à écrire d'argent, et accompagnée de trois billettes de même, deux en chef et une en pointe », et elle doit marcher dans les processions sous la 46e bannière qu'elle partage avec les libraires, les parcheminiers et les relieurs.

(1) : Pendant très longtemps, les commerçants, les gens de qualité aussi, ne connurent pas d'autre façon de compter que par jetons (un peu à la façon des boules de nos bouliers-compteurs) et l'« Arithmétique dans sa perfection », ouvrage de Legendre, contient encore dans son édition de 1774 un Traité de l'Arithmétique par jetons. L'emploi de cailloux (calculi) a donné naissance au mot Calcul. Ainsi nous voyons Argan dans la première scène du Malade Imaginaire compter avec des jetons « les parties » de son apothicaire : «Trois et deux font cinq, et cinq font dix... ». Madame de Sévigné elle-même, qui pourtant savait écrire, se servait de jetons pour calculer. Le 10 juin 1671 elle écrit à sa fille qu'elle vient de faire le compte de sa .fortune « avec les jetons de l'abbé (de Coulangues ) qui sont si justes et si bons». Et le calcul pouvait être compliqué, car Mme de Sévigné possédait alors plus de deux millions de notre monnaie.
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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 12:57 (2013)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 12:58 (2013)    Sujet du message: Les enseignants Répondre en citant

L'ÉCOLATRE délivre les permis d'enseigner ou "licences"
On a peu de documents sur les écoles élémentaires où l'on apprend à lire l'office divin à haute voix, à psalmodier (d'où le rôle du préchantre dans les questions d'enseignement) et assez souvent aussi à écrire. (Les Nobles en général ne recevaient pas d'autre instruction, quand ils recevaient celle-là). Il est fort probable que ces établissements « du premier degré » étaient nombreux : en 1185, est attesté l'établissement de maîtres d'école dans les simples hameaux de l'Abbaye de Saint-Bartin ; la présence de « magistri » est fréquente dans les textes de l'époque. Malgré les interdictions, certains monastères ont encore une école élémentaire ouverte aux enfants du voisinage.

Il est même rare que les autorités, laïques interviennent. Si les écoles de CLERMONT dépendent du Consul, les nominations ne se font pas sans l'avis du clergé. Le responsable de l'Enseignement sur le territoire de la Cathédrale est un membre du Chapitre, l'Ecolâtre, qui d'abord enseignait lui-même. Mais le développement des études multiplie le nombre des Maîtres et, rendant trop étroit le cloître de la Cathédrale, les fait échapper au contrôle constant de l'autorité religieuse ; alors s'instaure une nouvelle pratique l'octroi par l'Ecolâtre d'une permission d'enseigner « lîcentia docendi » qui ne prendra sa figure définitive qu'au siècle suivant. En attendant et en dépit des objurgations pontificales, les écolâtres étendent leur ressort bien au-delà de la paroisse de la Cathédrale souvent au diocèse entier.

Maitre d’école à la fin du XV° :
http://antique.mrugala.net/Divers/Images/Maitre d'ecole et ecolier.jpg

Serments et statuts des maîtres des petites écoles de grammaire de Paris vers 1357
( http://classes.bnf.fr/ema/anthologie/paris/24.htm )
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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 13:23 (2013)    Sujet du message: Les enseignants Répondre en citant

Le " Magister " n'est pas heureux
Et vous voilà, muni de vos titres, de retour à Paris où vous devrez acheter une licence et payer, entre les mains du Chancelier, le droit d'ouvrir une école : il y faudra encore dépenser tout ce qu'exige la vénalité des fonctionnaires de l'Université.

Alors commence l'exercice de la profession. A la tête du troupeau dont vous avez la charge, vous êtes devenu l'esclave de votre fonction et, le souci de votre devoir, votre zèle, vos inquiétudes vous consument, vous éteignent. Vous avez veillé à la lumière de la lampe et, le matin, vous êtes exténué de l'effort que vous avez dépensé aux leçons de la veille. Pourtant, il va falloir repartir pour une nouvelle journée et enseigner du matin au soir, vous allez choisir des sujets que vous adapterez aux forces de vos élèves, écouter leurs vers, les corriger, les remettre sur pieds.

Or, tandis que vous dirigez ainsi l'exercice scolaire, d'autres soucis vous harcèlent. La chaire où vous êtes assis, vêtu d'une pauvre peau de chèvre, devient parfois le siège d'un magistrat : vous avez à juger vos écoliers. Une querelle éclate entre eux, une voix pleurarde s'élève, vous écoute» le motif de la plainte et les raisons des deux parties ; puis vous appliquez les verges. Mais c'est une égale aventure de punir les fautes et de les pardonner. Si, tenant compte de l'âge, vous passez sur un tort sans sévir, les parents font entendre de furieuses protestations ; et si vous punissez la faute comme elle le mérite, les mêmes parents vous assaillent de leurs récriminations, de leurs reproches, de leurs menaces. On ne saurait compter toutes les occasions de conflit qui vous attendent dans votre chaire ; et l'expérience vous enseigne que gouverner un peuple d'écoliers, ce n'est pas une charge, c'est un fardeau.

Et tout cela, pour quel profit 1 On voit des parents qui, déloyalement, rognent sur le prix dont vous êtes convenus avec eux pour l'instruction de leurs enfants. L'un ne paie qu'une moitié, l'autre ne paie rien, clamant que son fils n'a fait aucun progrès et n'a rien appris ; un troisième jure ses grands dieux qu'il a déjà payé ; un autre encore vous comble de paroles mielleuses et finalement ne donne rien. Pour n'être pas frustré, vous recourez aux tribunaux ; mais si le juge vous fait droit et vous donne gain de cause, la moitié du salaire récupéré va aux avocats, et votre bourse ne s'enfle guère.

Quant aux collègues, n'en parlons pas : ce sont autant de rivaux. On en voit s'installer dans une chaire, qui n'ont jamais rien appris et qui se mêlent d'apprendre aux autres ce qu'il faudrait leur enseigner. Ce sont des singes du savoir ; et, pourtant, le vrai savant doit, plus d'une fois, s'effacer devant l'ignorant, parce que celui-ci sait plaire. Heureux quand l'imposteur n'est pas un concurrent perfide et haineux ! Le maître déchire le maître voisin et le perd de réputation en l'attaquant dans sa vie privée. Peut-être même tel jour viendra-t-il où il essaiera de se débarrasser de lui par la violence.

(Souvenirs d'Evrard l'Allemand.)
Traduction Ed. Faral (Hachette).
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