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La lecture au MA

 
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Cassetrogne
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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 12:55 (2013)    Sujet du message: La lecture au MA Répondre en citant

LA LECTURE AU MA

La licence pour avoir le droit d'enseigner est inventée en 1150

Création des universités en France :
France Montpellier 1239
Paris 1174/1200/1215/1231
Toulouse 1229

A la fin du XIIeme siècle, maîtres et étudiants d'une même ville, suivant l'exemple des artisans et des marchands, formèrent une corporation unique : l'Université des maîtres et des écoliers.


L'Université de PARIS, la première d'Europe, fut reconnue par Philippe AUGUSTE, en 1200, ensuite par le Pape. Elle devint, dans le royaume, une sorte d'Etat indépendant. Elle établissait elle-même ses règlements, désignait ses chefs, jugeait ses membres. Elle seule pouvait enseigner et délivrer des diplômes. Elle envoyait des représentants aux Etats Généraux. Elle avait son sceau et son trésor.
L'Université était administrée par le Recteur, un des grands personnages du royaume. Il exerçait son autorité non seulement sur les étudiants, mais encore par les suppôts de l'Université : marchands de parchemin, copistes, relieurs, barbiers, taverniers.
L'enseignement comprenait la théologie, ou étude de la religion, le droit, la médecine, les arts libéraux (grammaire, arithmétique, musique, astronomie).
Au 13ème siècle, l'Université de Paris fut le centre d'études le plus important et le plus renommé de l'Europe entière. Elle comptait 15 à 20000 étudiant, français et étrangers.
Montpellier était célèbre pour sa faculté de médecine.

Lorsque l'étudiant arrivait à sa ville universitaire, il lui fallait tout d'abord se loger. Pour ce faire, ce dernier avait deux choix : premièrement, s'il avait des moyens, il pouvait louer une chambre _ seul ou avec d'autres _ ou louer une maison. Le deuxième choix qui s'offrait à lui était le plus répandu par sa commodité : l'étudiant pouvait prendre pension chez un gradué avec le double avantage d'avoir non seulement un prix de loyer plus qu'avantageux, mais également de pouvoir bénéficier d'une aide que pouvait lui apporter le gradué en ce qui concernait les travaux d'université à accomplir.
Cependant, pour l'étudiant qui était très démuni, aucune de ces solutions n'était envisageable. C'est pour cette raison que furent créés les "collèges", fondés par les ordres religieuses. Ceux-ci offraient aux étudiants gîtes et couvert. Le plus bel exemple qui nous est resté se trouve à Paris et fut fondé par Robert Sorbon qui en fut le premier proviseur. On parle ici bien sûr de La Sorbonne, fondée en 1257 et qui se trouve toujours à Paris dans le quartier latin, sur la rue Des Écoles, à proximité du boulevard St-Michel
Au Moyen-Age, on ne se souciait pas de créer des écoles pour les serfs ou les paysans, pas plus qu'on n'en organisait dans l'antiquité pour les esclaves. Mais il fallait recruter pour l'Eglise les clercs capables de prêcher la religion et d'administrer les affaires religieuses. De là le souci d'étendre le bénéfice de la culture autour des évêchés et des cloîtres à tous les enfants, pauvres ou riches, qui en étaient capables. De là, l'extension des écoles monastiques, puis des écoles des évêques, des chapitres. Les premières pouvaient donner gratuitement l'instruction, les secondes faisaient payer les riches et entretenaient gratuitement les enfants du peuple ; des bourses ou des dons subvenaient aux besoins des plus pauvres. Les conciles ne cessaient de recommander cette œuvre d'éducation que l'Eglise était seule à assurer.

Toute église cathédrale, toute grande abbaye avait son école où l'on élevait les jeunes gens destinés à entrer dans les ordres. On leur apprenait ce qui était nécessaire à un clerc, à lire, à écrire le latin, à chanter, à dire les offices. La discipline était rude, chaque année les écoliers allaient en grande cérémonie couper les verges qui devaient servir à les frapper. On trouve, dans Guibert de Nogent, ce récit : « Ma mère ayant vu mes bras tout noirs et la peau de mes épaules gonflée par les coups de verges, s'écria : « Je ne veux plus que tu deviennes clerc, ni que, pour apprendre les lettres, tu supportes ce traitement. » A ces mots, la regardant avec colère, « Quand je devrais mourir, je ne cesserai pas d'apprendre les lettres. »

Au Xe et XIe siècles, le développement des écoles est encore lent, mais bientôt le cloître de la cathédrale ne pouvant plus contenir tous les élèves, des clercs, leurs études terminées, organisent en ville des classes où ils ont le droit d'enseigner, pourvu qu'ils aient obtenu la « licence » d'enseignement délivrée par le chancelier ou scholasticus, désigné par l'évêque pour contrôler les maîtres. Ainsi l'école cathédrale essaima.

On finit même par avoir les petites écoles de grammaire où l'on étudiait les éléments et déjà un peu de latin, langue savante et écrite de l'époque, la seule qui permit d'accéder à la culture. Mais toujours le but de ces enseignements inférieurs était de préparer le degré suivant, c'est-à-dire l'étude des sept arts libéraux conformément à la tradition classique qui remonte, sinon à Varon, du moins à Saint Augustin. Ceux-ci se subdivisaient en deux groupes : d'abord le trivium, comprenant la grammaire, la rhétorique et la logique, puis Je quadrivium qui embrassait l'arithmétique, la musique, la géométrie et l'astronomie. Leur but commun était de conduire aux études théologiques auxquelles on adjoignit bientôt les facultés de droit et de médecine.

De petites écoles s'ouvraient pour les enfants qui, dès l'âge de sept ans, venaient y étudier, sous la direction des curés, le psautier d'abord, puis les premiers éléments des plus humbles connaissances. II y avait des écoles séparées pour les petites filles. Une gradation assez bien ménagée conduisait des écoles tout élémentaires à des écoles plus avancées. L'éducation privée- entre lès mains des prélats formaient de jeunes seigneurs, et le comte de Vermandois, Herbert, confiait à Gui, son évêque, un fils âgé de cinq ans, pour le lui reprendre dans sa vingtième année.

Les couvents renfermaient des maîtres qui ne négligeaient pas les détails de l'éducation mais qui leur donnaient un cachet quelque peu matériel et vulgaire. Tel est celui qu'Orderic Vital nous représente fabriquant lui-même des écritoires pour les enfants et préparant des tablettes cirées, niais aussi maintenant avec vigueur la discipline et la régularité du travail de chaque jour.

« …Plus le nombre de mes années s'accroît, plus j'aime à me rendre présents les jours du jeune âge. Je me rappelle que nous entrions le matin à huit heures et que nous sortions à onze ; que le soir nous entrions à deux et que le soir nous sortions à quatre en hiver et cinq en été. Nos leçons commençaient, comme dans toutes les écoles, par la patenôtre dite à genoux devant le grand crucifix attaché à la muraille. En nous enseignant ensuite la croix de par Dieu, le maître nous disait quelquefois : Heureux enfants, plus heureux que vos pères ! Vous avez dans votre alphabet le V et le Z dont ils étaient obligés de se passer. Ils n'avaient pas non plus vos traités de l'art de bien prononcer, aussi comment lisaient-ils ? Comment prononçaient-ils ?

Notre maître ne l'était pas en titre ; de temps en temps, il nous récitait avec emphase ses lettres de coadjuteur ou vice-gérant que lui avait données le chantre de l'église de Paris, chef général de toutes les petites écoles de la ville ; il finissait toujours ainsi : Mes lettres, comme toutes les lettres, valent pour un an, je suis maître pour un an, les trois cent trente maîtres, tous, nous sommes maîtres pour un an.

Il va sans dire, a poursuivi le vieux écolier, que je me souviens aussi, et avec plus de plaisir, de nos jours de vacances qui étaient les dimanches et l'après-midi du jeudi. Ces jours là, plusieurs d'entre-nous ne manquions guère d'aller aux audiences de la chantrerie : en sortant, nous contrefaisions la voix des jeunes maîtres, des jeunes maîtresses, la voix des vieux maîtres, des vieilles maîtresses, leurs invectives, leurs injures mutuelles et, ensuite, la voix du promoteur donnant ses conclusions, du chantre prononçant ses jugements. Vous avez tenu des écoles buissonnières, des écoles mal sonnantes, suspectes d'hérésie, je ne puis vous instituer : l'écôlatre d'Amiens a pu vous instituer à Amiens, l'écôlatre de Rheims a pu vous instituer à Rheims ; le scolastique d'Orléans a pu vous instituer à Orléans ; mais je ne puis, moi, vous instituer à Paris.

(Le Vieux Ecolier de Saint-Flour)
A.-A. MONTEIL.
… »

« … Et vous voilà, muni de vos titres, de retour à Paris où vous devrez acheter une licence et payer, entre les mains du Chancelier, le droit d'ouvrir une école : il y faudra encore dépenser tout ce qu'exige la vénalité des fonctionnaires de l'Université.

Alors commence l'exercice de la profession. A la tête du troupeau dont vous avez la charge, vous êtes devenu l'esclave de votre fonction et, le souci de votre devoir, votre zèle, vos inquiétudes vous consument, vous éteignent. Vous avez veillé à la lumière de la lampe et, le matin, vous êtes exténué de l'effort que vous avez dépensé aux leçons de la veille. Pourtant, il va falloir repartir pour une nouvelle journée et enseigner du matin au soir, vous allez choisir des sujets que vous adapterez aux forces de vos élèves, écouter leurs vers, les corriger, les remettre sur pieds.

Or, tandis que vous dirigez ainsi l'exercice scolaire, d'autres soucis vous harcèlent. La chaire où vous êtes assis, vêtu d'une pauvre peau de chèvre, devient parfois le siège d'un magistrat : vous avez à juger vos écoliers. Une querelle éclate entre eux, une voix pleurarde s'élève, vous écoutez le motif de la plainte et les raisons des deux parties ; puis vous appliquez les verges. Mais c'est une égale aventure de punir les fautes et de les pardonner. Si, tenant compte de l'âge, vous passez sur un tort sans sévir, les parents font entendre de furieuses protestations ; et si vous punissez la faute comme elle le mérite, les mêmes parents vous assaillent de leurs récriminations, de leurs reproches, de leurs menaces. On ne saurait compter toutes les occasions de conflit qui vous attendent dans votre chaire ; et l'expérience vous enseigne que gouverner un peuple d'écoliers, ce n'est pas une charge, c'est un fardeau.

Et tout cela, pour quel profit 1 On voit des parents qui, déloyalement, rognent sur le prix dont vous êtes convenus avec eux pour l'instruction de leurs enfants. L'un ne paie qu'une moitié, l'autre ne paie rien, clamant que son fils n'a fait aucun progrès et n'a rien appris ; un troisième jure ses grands dieux qu'il a déjà payé ; un autre encore vous comble de paroles mielleuses et finalement ne donne rien. Pour n'être pas frustré, vous recourez aux tribunaux ; mais si le juge vous fait droit et vous donne gain de cause, la moitié du salaire récupéré va aux avocats, et votre bourse ne s'enfle guère.

Quant aux collèges, n'en parlons pas : ce sont autant de rivaux. On en voit s'installer dans une chaire, qui n'ont jamais rien appris et qui se mêlent d'apprendre aux autres ce qu'il faudrait leur enseigner. Ce sont des singes du savoir ; et, pourtant, le vrai savant doit, plus d'une fois, s'effacer devant l'ignorant, parce que celui-ci sait plaire. Heureux quand l'imposteur n'est pas un concurrent perfide et haineux ! Le maître déchire le maître voisin et le perd de réputation en l'attaquant dans sa vie privée. Peut-être même tel jour viendra-t-il où il essaiera de se débarrasser de lui par la violence.

(Souvenirs d'Evrard l'Allemand.)
Traduction Ed. Faral (Hachette).
_________________
Si sibi pilosus est legitimus



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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 12:55 (2013)    Sujet du message: Publicité

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