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L'école au moyen age

 
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Cassetrogne
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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 12:53 (2013)    Sujet du message: L'école au moyen age Répondre en citant

Serments et statuts des maîtres des petites écoles de grammaire de Paris vers 1357
( http://classes.bnf.fr/ema/anthologie/paris/24.htm )

En raison de l'importance démographique de la ville de Paris, les petites écoles de grammaire, c'est-à-dire celles dans lesquelles était dispensé l'enseignement primaire, y ont apparemment pris un développement considérable. Elles semblent avoir dépendu de deux autorités ecclésiastiques, le chancelier de Paris et le chantre de Notre-Dame. Du premier ressortissaient celles de l'île de la Cité et d'un certain nombre de paroisses proches, celles de Saint-Séverin, Saint-Eustache, Saint-Gervais, Saint-Germain-l'Auxerrois, Saint-Nicolas-des-Champs, Saint-Paul. Les autres écoles de la ville, des faubourgs et de la banlieue, paraissent avoir été du ressort du chantre. Leur nombre était sans doute fort élevé : un document du 6 mai 1380 nous donne en effet la liste de 41 maîtres et 21 maîtresses d'école présents à la lecture du texte des serments qui leur étaient imposés – encore ignorons-nous si celle-ci est exhaustive.
De tels effectifs supposent la mise en place relativement précoce d'une organisation institutionnelle, de manière à assurer le contrôle ecclésiastique sur le recrutement des enseignants, le fonctionnement interne desdites écoles, etc. Le texte que nous présentons ici, que les caractéristiques du contenu du manuscrit qui l'a conservé (Paris, Bibl. de l'Arsenal, 192) permettent de situer vers 1357, est le plus ancien règlement que nous possédions concernant ces petites écoles parisiennes (en l'occurrence ici, celles qui étaient la responsabilité du chantre). De présentation formelle assez relâchée (aussi bien quant à la langue et à l'expression souvent "syncopée" , que quant à l'ordre logique des articles), il apparaît comme une succession de dispositions (et en même temps obligations imposées par serment aux maîtres et aux maîtresses d'école) définissant le minimum de compétence et de moralité exigibles de ceux-là, précisant un certain nombre de règles déontologiques de bon voisinage entre collègues (socios), explicitant surtout le rôle du chantre en tant que collateur desdites charges d'enseignement et son droit éminent de contrôle et de juridiction sur l'ensemble de ces enseignants.




1. Il exercera loyalement l'office qui lui est confié d'enseigner les enfants, les instruisant soigneusement dans les lettres, les bonnes mœurs et par de bons exemples.
2. Ils montreront honneur et révérence au seigneur chantre et dans toute la mesure du possible ils observeront fidèlement les droits de la chantrerie, quel que soit l'état auquel ils seront parvenus.
3. En tout ce qui regarde le gouvernement des écoles, ils prêteront obéissance au même chantre.
4. Aucun des maîtres ne prendra en charge les enfants alloués à un collègue sans l'autorisation du chantre, mais qu'il se contente de ce qu'il a.
5. Nul ne cherchera à soustraire, par ses propres moyens ou ceux d'un tiers, les enfants engagés par contrat à un collègue.
6. Nul ne portera atteinte par médisance à la réputation d'un collègue ; il pourra cependant le dénoncer au chantre.
7. Nul ne baillera ses écoles à ferme, ni n'aura de collègue associé, mais il pourra avoir un sous-moniteur .
8. Nul ne tiendra avec lui un sous-moniteur qui aura été auprès d'un autre maître, à moins qu'il n'y ait trois écoles entre les deux.
9. Aucun procureur d'une quelconque cour ne tiendra écoles.
10. Aucun chapelain semblablement.
11. Aucun sous-moniteur ne tiendra écoles à côté de son maître, à moins qu'il n'y ait trois écoles entre eux deux.
12. Aucun maître ne vivra avec une femme de mauvaise réputation.
13. Chacun gardera la paix avec son collègue ; et si un différend se fait jour à propos des écoles, il sera réglé par la sentence du seigneur chantre, sous peine de privation des écoles.
14. Nul ne traînera en justice un collègue devant un autre que le chantre pour un procès portant sur les écoles, sous peine de la même sanction.
15. Nul ne recevra les écoles d'un autre collateur dans quelque paroisse, à supposer qu'une autre personne que le chantre veuille les lui confier .
16. Tous doivent être présents à vêpres la veille de la Saint-Nicolas (16 décembre) à la messe, le jour de la fête et à l'heure des vêpres, aux vigiles pour les défunts, et le lendemain à la messe.
17. Chaque maître ou chaque maîtresse se tiendra dans les limites qui lui ont été fixées [par le chantre], de façon à ne pas dépasser celles-ci en ce qui concerne le nombre ou le sexe des enfants, ou même la qualité des livres.
18. Chacun rendra la lettre [testimoniale] à la fin de l'année, c'est-à-dire à la fête de la Nativité de saint Jean [24 juin] ou quand il quittera les écoles.
19. Il n'est pas dans mon intention de confier à quelqu'un des écoles autrement que jusqu'au terme de la Nativité de saint Jean, et s'il ne prête serment et s'il n'a une lettre [testimoniale].
20. Si quelqu'un dépasse le nombre d'élèves [fixé], je confisque [l'excédent] de revenus [perçus sur les] écoliers au-delà du nombre concédé.
21. Que personne ne sorte de la ville, sauf un jour de fête, si ce n'est avec l'autorisation du chantre et s'il ne laisse un sous-moniteur suffisant et ceci du consentement du chantre.
22. Tous les maîtres ou maîtresses doivent assister aux obsèques des maîtres ou des maîtresses défunts.
23. Qu'aucune femme n'ait d'autres élèves que des filles.
24. Que personne n'enseigne les livres de grammaire, s'il n'est bon grammairien et suffisamment compétent en la matière.
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Dernière édition par Cassetrogne le Sam 28 Déc - 13:33 (2013); édité 1 fois
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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 12:53 (2013)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 13:04 (2013)    Sujet du message: L'école au moyen age Répondre en citant

Dossier pédagogique de la BnF sur l'éducation

http://classes.bnf.fr/ema/feuils/education/index.htm
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MessagePosté le: Sam 28 Déc - 13:28 (2013)    Sujet du message: L'école au moyen age Répondre en citant

D'après le site de Fabrice Mrugala
( http://medieval.mrugala.net/Education/Ecole.htm )


L'école au Moyen-Age
Au Moyen-Age, l'école a pour but de former des clercs
Au Moyen-Age, on ne se souciait pas de créer des écoles pour les serfs ou les paysans, pas plus qu'on n'en organisait dans l'antiquité pour les esclaves. Mais il fallait recruter pour l'Eglise les clercs capables de prêcher la religion et d'administrer les affaires religieuses. De là le souci d'étendre le bénéfice de la culture autour des évêchés et des cloîtres à tous les enfants, pauvres ou riches, qui en étaient capables. De là, l'extension des écoles monastiques, puis des écoles des évêques, des chapitres. Les premières pouvaient donner gratuitement l'instruction, les secondes faisaient payer les riches et entretenaient gratuitement les enfants du peuple ; des bourses ou des dons subvenaient aux besoins des plus pauvres. Les conciles ne cessaient de recommander cette œuvre d'éducation que l'Eglise était seule à assurer.

Toute église cathédrale, toute grande abbaye avait son école où l'on élevait les jeunes gens destinés à entrer dans les ordres. On leur apprenait ce qui était nécessaire à un clerc, à lire, à écrire le latin, à chanter, à dire les offices. La discipline était rude, chaque année les écoliers allaient en grande cérémonie couper les verges qui devaient servir à les frapper. On trouve, dans Guibert de Nogent, ce récit : « Ma mère ayant vu mes bras tout noirs et la peau de mes épaules gonflée par les coups de verges, s'écria : « Je ne veux plus que tu deviennes clerc, ni que, pour apprendre les lettres, tu supportes ce traitement. » A ces mots, la regardant avec colère, « Quand je devrais mourir, je ne cesserai pas d'apprendre les lettres. »
Les petites écoles peuvent conduire à l'Université
Au Xe et XIe siècles, le développement des écoles est encore lent, mais bientôt le cloître de la cathédrale ne pouvant plus contenir tous les élèves, des clercs, leurs études terminées, organisent en ville des classes où ils ont le droit d'enseigner, pourvu qu'ils aient obtenu la « licence » d'enseignement délivrée par le chancelier ou scholasticus, désigné par l'évêque pour contrôler les maîtres. Ainsi l'école cathédrale essaima.

On finit même par avoir les petites écoles de grammaire où l'on étudiait les éléments et déjà un peu de latin, langue savante et écrite de l'époque, la seule qui permit d'accéder à la culture. Mais toujours le but de ces enseignements inférieurs était de préparer le degré suivant, c'est-à-dire l'étude des sept arts libéraux conformément à la tradition classique qui remonte, sinon à Varon, du moins à Saint Augustin. Ceux-ci se subdivisaient en deux groupes : d'abord le trivium, comprenant la grammaire, la rhétorique et la logique, puis Je quadrivium qui embrassait l'arithmétique, la musique, la géométrie et l'astronomie. Leur but commun était de conduire aux études théologiques auxquelles on adjoignit bientôt les facultés de droit et de médecine.
Mais le peuple reste ignorant
C'était surtout, avant tout, l'éducation du corps qui comprenait les exercices de tout genre, le maniement des armes, l'instruction attentive et complète de destrier. Le gentilhomme n'avait que le temps, étant jeune, de se préparer à la lutte, et, devenu homme, de la soutenir ; aussi était-il, en fait d'études libérales, de la plus grossière ignorance.

Quant aux laïques roturiers, il s'en trouvait à peine quelques-uns qui sussent lire et écrire. Les administrateurs même des couvents ne le savaient pas. Les notaires publics étaient devenus si rares, qu'on était obligé de passer les actes verbalement. La ratification de l'évêque, grâce à la confiance populaire, tenait lien de toutes formalités. De simples ecclésiastiques furent désignés pour donner la même sanction ; et de là, le nom de clerc porté encore aujourd'hui par les jeunes gens qui travaillent chez les avoués et chez les notaires.

Ainsi, la noblesse fait quelquefois instruire ses enfants en vue de la carrière ecclésiastique. On comprenait vaguement qu'il fallait savoir quelque chose pour devenir évêque, bien que plus d'un évêque, s'il faut en croire Adalbéron, qui écrivait dans les premières années du XIe siècle, ne sût que compter sur ses doigts les lettres de l'alphabet.
Les petites écoles n'enseignent que les notions élémentaires
De petites écoles s'ouvraient pour les enfants qui, dès l'âge de sept ans, venaient y étudier, sous la direction des curés, le psautier d'abord, puis les premiers éléments des plus humbles connaissances. II y avait des écoles séparées pour les petites filles. Une gradation assez bien ménagée conduisait des écoles tout élémentaires à des écoles plus avancées. L'éducation privée- entre lès mains des prélats formaient de jeunes seigneurs, et le comte de Vermandois, Herbert, confiait à Gui, son évêque, un fils âgé de cinq ans, pour le lui reprendre dans sa vingtième année.

Les couvents renfermaient des maîtres qui ne négligeaient pas les détails de l'éducation mais qui leur donnait un cachet quelque peu matériel et vulgaire. Tel est celui qu'Orderic Vital nous représente fabriquant lui-même des écritoires pour les enfants et préparant des tablettes cirées, niais aussi maintenant avec vigueur la discipline et la régularité du travail de chaque jour.
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MessagePosté le: Ven 27 Mar - 11:46 (2015)    Sujet du message: L'ecole en Hollande vers 1500 Répondre en citant

En regardant à travers la fenêtre de la classe : Vie quotidienne dans une ecole latine en Hollande vers 1500
Looking through Classroom Windows: Daily Life at a Latin School in the Netherlands around 1500

de Annemarieke WILLEMSEN
in Manuscript Studies in the Low Countries, 2008, p 2-19

avec beaucoup d'iconographie  :content-29:

https://www.academia.edu/8024880/Looking_through_Classroom_Windows_Daily_Li…

(info récupérée de Drapier sur le forum du GSM ( http://www.grand-sud-medieval.fr/forum/viewtopic.php?f=15&t=9433 ))


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